Dans le cadre de la campagne pour les élections communales 2006, grâce notamment à l'implication des militants, notre section a réalisé un important travail qui a donné lieu au programme “Bruxelles a de l'avenir”. Ce programme, fort de plus de 600 propositions concrètes et budgétisées, résultait d’un travail militant et collectif de notre section qui a permis au PS d'inscrire une victoire historique à la Ville de Bruxelles. Repris par les négociateurs socialistes lors de la formation de la majorité actuelle, ce programme a servi de base au Programme de Politique Générale qui sert de ligne de conduite pour la politique bruxelloise jusqu’aux élections de 2012.
Notre Bourgmestre, Freddy Thielemans, nous livre ici ses sentiments sur les négociations qui ont suivi cette victoire et sa vision du programme de politique générale de la Ville de Bruxelles.
UNE LIGNE POLITIQUE SOCIALISTE, COHÉRENTE ET REVENDICATIVE
Freddy, après six ans d’exercice de fonction de bourgmestre et une campagne communale retenant l’attention des médias par la présence de certains transferts, c’est vers une victoire historique pour le PS que l’on s’est dirigé. Quelle part le travail militant a-t-il pris dans cette victoire ?
Freddy Thielemans : Vous savez, je suis un homme de rugby, et ce, parce que c’est un sport dans lequel il est impossible de décrocher une victoire autrement qu’en jouant collectif. Je pense qu’au PS, on est un peu dans le même esprit. Les militantsétaient partie prenante de cette campagne, depuis la nomination des candidats sur les listes jusqu’au meeting final, voire à la surveillance des isoloirs… Qu’est-ce qu’un homme politique qui se présente sans soutien et sans équipe ? Les militants nous ont aidés de par leur présence, leur aide, leurs convictions et le débat qu’ils ont apporté au sein de la section, et ce, bien avant l’échéance électorale.
C’est particulièrement vrai dans le cadre du programme que nous avons distribué aux électeurs. Vous imaginez letravail et la réflexion derrière 600 propositions nouvelles, concrètes, réalisables afin d’améliorer notre ville ? C’est colossal et ça démontre que seuls nous ne serions nulle part. Je suis vraiment fier du travail effectué et de ces propositions qu’on a pu mettre sur la table, avec beaucoup de confiance, au lendemain des élections. Faites l’exercice de comparer le programme du PS avant les élections et le programme de politique générale de la Ville de Bruxelles, vous constaterez que l’empreinte socialiste y est plus que marquée. Elle est omniprésente et c’est tant mieux car ça signifie qu’à l’heure du bilan en 2012, si on travaille bien jusque là, la ville aura un visage encore plus solidaire.
Comment qualifieriez-vous ce programme de majorité ?
Freddy Thielemans : C’est un programme ambitieux qui indique clairement que nous n’avons pas peur de retrousser nos manches. Plusieurs grands défis sont au programme : une ville propre en 2 ans, une offre accrue de 1000 nouveaux logements et de 1500 logements rénovés, l’adoption d’un plan ‘économie emploi formation’, un renforcement des politiques d’aide sociale, de prévention, de revitalisation des quartiers via les contrats de quartier notamment, etc. Et c’est un programme qui tient compte de la réalité de la vie des Bruxellois et de l’avenir de Bruxelles. A ce titre, il prévoit de renforcer son rôle de grande métropole et de capitale européenne, mais également de continuer la politique événementielle attirant un tourisme croissant essentiel à notre économie. Enfin, et ça m’enthousiasme, c’est un programme de grand bâtisseur : un centre international de congrès, le plateau du Heysel repensé, un réaménagement des grands boulevards, des salles de spectacles, de l’architecture de haut niveau, un nouveau stade national, etc. Quand je vous disais qu’il était ambitieux… mais réaliste ! Ce n’est pas rien de noter également que rien ne nous obligeait à faire ce travail d’engagement et de transparence. Nous sommes d’ailleurs la première commune à aller aussi loin et à présenter un programme de majorité aussi détaillé.
Vous emmenez donc, en tant que Bourgmestre, l’équipe chargée de mettre en oeuvre tous ces projets. Mais racontez-nous l’envers du décor : quel est le vrai visage de la majorité PS-CDH sans Ecolo que vous souhaitiez au départ garder comme partenaire ?
Freddy Thielemans : Il est vrai qu’une reconduction de l’olivier était mon souhait lorsque je regardais les résultats des élections, toute alliance avec les libéraux étant bannie vu leur arrogance et nos divergences d’opinion bien trop profondes. Mais c’était alors sans compter sur l’attitude de certains de nos partenaires potentiels. Vous savez, on a l’habitude de dire qu’en politique, tous les coups sont permis. Je ne suis pas de cet avis, et les membres d’Ecolo ont dû le comprendre après l’attitude totalement scandaleuse de certains de leurs représentants envers Laurette. Mais voilà, le train avance et la locomotive que je tente d’être a de magnifiques wagons derrière elle (rires). Plus sérieusement, je dois dire qu’après un an passé ensemble, j’ai pu observer la qualité de l’équipe qui constitue le Collège des Bourgmestre et Echevins. Les actions ont aujourd’hui suivi les paroles, et ce, dans le sens prévu par le programme de majorité. Bien sûr, nous n’avons pas encore atteint la plupart de nos objectifs, mais il s’agit de faire les choses le mieux possible et cela prend du temps. J’ai toute confiance cependant que nos concitoyens remarquent au jour le jour que nous ne leur avions pas menti en leur disant qu’avec le PS à la barre de la Ville, le cap serait social et solidaire.
Pour finir sur une note plus légère, auriez-vous une anecdote sur les négociations qui ont suivi les élections communales ?
Freddy Thielemans : Que vous dire ? Si ce n’est que je constate aujourd’hui que, comparé à certains, mes missions d’informateur, de négociateur, de démineur et que sais-je encore, se sont déroulées peut être avec plus de discrétion que nos amis du fédéral mais certainement avec plus d’efficacité. A bon entendeur…
Interview réalisée par Nicolas Dassonville et Julie Fiszman