Date:

29/07/2011
 
Titre:
 

Terrorisme et extrême droite.


Résumé:

La lettre socialiste.
Numéro 21. Juillet 2011.

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La mémoire sélective aidant, les médias avaient un peu oublié qu’il existe aussi un terrorisme d’extrême droite, aussi atroce que celui d’Al Qaïda. Retenons l’exemple, entre dix, de l’attentat à la gare de Bologne en 1980, qui fit 85 morts.

Cette fois, la tuerie a visé exclusivement les travaillistes norvégiens, et leur jeunesse. Elle a été perpétrée avec une rare cruauté, dans ce pays « pacifique » sans doute en déficit de moyens de sécurité.

L’acte d’un individu isolé ? Même si c’est le cas, comment ne pas voir que le criminel est un produit du climat de haine généré par toute cette mouvance extrémiste et xénophobe qui pullule à travers l’Europe, et tout autant en Scandinavie ?  L’assassin était d’ailleurs passé par là, il avait été au parti FrP, qui se dit horrifié. Bien entendu, les leaders de ces formations, dont le succès électoral va croissant, ne préconisent pas l’extermination de leurs adversaires politiques. Mais ils ont une responsabilité indirecte dans le cours des évènements, et dans la dérive vers des actes criminels (Incendies, profanation de cimetières…) commis par les esprits les plus dérangés. Ce n’est pas par hasard que le Vlaams Belang est omis par Anders Breivik dans sa liste des partis belges coupables de multiculturalisme….

Acte isolé ? Mais on ne l’est pas sur Internet, on a des correspondants. Et ces mêmes « réseaux » qui, dans le monde arabe, servent la révolte démocratique, sont utilisés en Europe par le fascisme autant que par l’islamisme radical.

Le terrorisme de masse a aussi, et d’abord, un  but stratégique. Dans l’Italie des « années de plomb », il s’agissait de déstabiliser le régime parlementaire, de jouer la carte du chaos. Des secteurs de l’Etat participaient à l’entreprise. Semer le chaos : c’était aussi le but d’un Ben  Laden le 11 septembre2001.

En ce sens, entre les artisans islamistes dévoyés de la « guerre sainte » et le « croisé » Breivik, fondamentaliste « chrétien », il y a une parfaite convergence, non seulement des méthodes, mais de l’esprit : tout ce qui ne participe pas de leur utopie réactionnaire ne mérite pas de vivre…


                                                                    Robert Falony

                           

 

 
 
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