Résumé: |
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À Bruxelles, «architeck» n’est plus l’insulte vomie par les Marolliens en 1864 pour fustiger Joseph Poelaert, auteur des plans du Palais de Justice érigé sur des logements expropriés et démolis. Il suffit d’avoir des yeux tout autour de la tête pour s’apercevoir qu’aujourd’hui les réalisations des architectes choisis par le Centre Public d’Action Sociale ne se font pas au détriment du cadre de vie des habitants.
Propriétaire foncier et maître d’ouvrage, le CPAS de Bruxelles rénove, transforme, agrandit son patrimoine de bâtiments historiques, de bureaux, de maisons de repos et de quelque 1.600 appartements répartis dans 300 constructions.
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À Laeken, par exemple, le CPAS projette de rendre sa fonction d’origine au familistère construit en 1858 par l’industriel Jean-Baptiste Godin pour loger le personnel de sa poêlerie. Tandis qu’il transforme les entrepôts à l’abandon des spiritueux Byrrh en surfaces de production pour petites et moyennes entreprises. À Neder-over-Heembeek, il est prévu de bâtir trois ensembles résidentiels. Ces 335 appartements reposant sur une interpénétration de l’habitat et de l’espace vert.
Dans les Marolles, le CPAS a acheté, en 1996, un «Palais du vin» délabré pour réhabiliter ce lieu de stockage du 19e siècle en appartements, commerces, surfaces d’entreprises. Et relancer une dynamique, tant sociale qu’économique, dans le quartier en procurant un emploi à 140 personnes. Au centre de la capitale, la reconversion de la savonnerie Heymans, aussi à l’abandon, a permis d’aménager 42 habitations et une halte-garderie. La plupart des appartements sont flanqués de loggias bioclimatiques orientées vers le sud. Au mois de mars, cette construction passive de MDW Architecture a décroché un Mipim Award, prix prestigieux décerné au Marché International des Professionnels de l’Immobilier à Cannes. L’immeuble d’habitation a devancé la plus haute tour du monde érigée à Dubaï. Et un building de luxe édifié à New York.
«Les chancres urbains ne peuvent pas perdurer», martèle Yvan Mayeur, président du Centre Public d’Action Sociale de Bruxelles. «Depuis 15 ans, on joue le rôle d’acteur immobilier. On se projette vers l’avenir pour affronter le défi des 1.200.000 habitants en 2018. Il n’y a pas de secret, de mystère. On a réinvesti l’argent de la vente de propriétés situées à l’extérieur de la Ville. La Région et l’Europe ont soutenu financièrement les projets. On a réfléchi au comment les habitants vont vivre, choisi des architectes sélectionnés par des concours. On a opté pour la qualité et le confort au détriment de la rentabilité économique. Le CPAS ne vend pas. Il reste propriétaire de son patrimoine immobilier producteur de revenus.»
Le Centre Public d’Action Sociale de Bruxelles présente ses 15 années de réalisations dans «Patrimoine architectural en devenir». Un ouvrage de référence édité en français, néerlandais et anglais par le Civa, le Centre international pour la ville, l’architecture et le paysage (42 euros). Les photos de Marc Detiffe et les dessins de Didier Mutoni donnent envie de se promener, avec un autre regard, dans les rues de la capitale.
Mais une ville, ce ne sont pas que des rues et des bâtiments. À Bruxelles, rue Vautier, le Muséum des Sciences naturelles le prouve avec sa nouvelle galerie BiodiverCITY. Un parcours interactif réaliste entraîne petits et grands à la découverte des nombreuses espèces qui ont opté pour un climat plus chaud qu’à la campagne, un éclairage public qui allonge le temps disponible pour se nourrir. Une occasion de tester et de perfectionner ses connaissances. D’apprendre des gestes simples qui favorisent la conservation, l’amélioration de la vie animale et végétale en ville.
Raphaël Duboisdenghien REVUE DE LA PRESSE PERIODIQUE - N°62, Promenades urbaines, p.2. |