Depuis le milieu de cette semaine, notre pays a poussé la porte de l’hiver, le thermomètre affichant des températures proches de 0 ° C. Si de (trop) nombreuses personnes souffrent de précarité en Belgique, leurs conditions de vie deviennent plus âpres encore en période hivernale.
Cette année à nouveau, la Région bruxelloise a chargé le Samu social de mettre en place le plan hivernal pour les sans-abri. Aux 120 lits quotidiens du Samu social s’ajoutent ainsi jusqu’au 31 mars 2011 300 places pour les hommes seuls dans un bâtiment mis à disposition par la Régie fédérale des bâtiments à Etterbeek. Les personnes y seront accueillies pour la nuit uniquement, de 20h30 à 8h.
Outre l’hébergement, elles pourront bénéficier d’un repas chaud le soir et d’un petit-déjeuner le matin et utiliser des sanitaires (douches, WC). Elles pourront aussi s’adresser à une permanence psychosociale qui, au travers d’entretiens individuels en soirée, les orientera vers le service de jour pour les accompagner dans leurs démarches psychosociales et juridiques. L’association Médecins du monde assurera des consultations bénévoles de médecins généralistes et d’infirmiers. En complément, les équipes paramédicales du Samu social dispenseront des soins quotidiennement.
Nouveauté cette année, le Samu social a reçu le soutien de trois entreprises belges : Belgacom, Dexia et Recticel. "Chez Dexia et Belgacom, le personnel s’est mobilisé pour contribuer à la lutte contre le froid via la récolte de vêtements chauds, de couvertures, etc. Ces deux sociétés nous ont aussi soutenus financièrement", se félicite Yvan Mayeur (PS), président du CPAS de la ville de Bruxelles. Quant au groupe Recticel, il a fourni 600 matelas et sommiers.
La Région wallonne a également activé depuis le 1er novembre son plan grand froid pour l’hiver. Dans ce cadre, la ministre de l’Action sociale Eliane Tillieux (PS) a prévu 405 000 euros pour soutenir les sept relais sociaux (Liège, Verviers, Charleroi, Mons, La Louvière, Tournai et Namur) qui coordonnent et assurent une série de services destinés à venir en aide aux personnes qui vivent dans la rue ou dans des habitats très précaires, avec une vigilance accrue en période hivernale. Ce plan prévoit un accueil 24h sur 24, des maraudes socio-sanitaires, l’offre de WC et de commodités pour se laver et se réchauffer,
Exemple, à Charleroi, "depuis le 15 novembre et jusqu’au 15 avril est prévu un accueil de soirée tous les jours de la semaine, et le week-end en fonction des températures", explique Jean-Marie Laine, coordinateur adjoint du relais social de Charleroi. "Cet accueil de soirée fait la jonction entre l’accueil de jour et les abris de nuit." Aux 33 lits quotidiens de l’abri de nuit et aux 12 places de l’abri de nuit pour les couples et familles "s’ajoute, dans le cadre du plan froid, un abri supplétif de 15 places". Et s’il devait y avoir crise de l’accueil en période très froide, "il y a possibilité d’ouvrir en fonction des besoins un abri de crise", précise M. Laine.
A Namur, on organise aussi le plan froid wallon. Le relais social coordonne une vingtaine de partenaires. "Notre plan hiver comprend plusieurs axes : la distribution de matériel (bonnets, gants ) auprès des personnes très précarisées; l’"homogénéisation" des heures d’ouverture de nos partenaires afin d’assurer tous les jours la transition entre l’accueil de jour et l’abri de nuit; la prévention via les maraudes hivernales", détaille Noëlle Darimont, coordinatrice adjointe. De même, la capacité d’accueil de 14 lits de l’abri de nuit est augmentée de six places. Sans oublier l’ouverture, dès le 1er décembre, de 25-28 places supplémentaires à la caserne du Génie à Jambes, conlut Mme Darimont.
La Libre du 25 novembre 2010
Stéphanie Bocart |