Date:

22/10/2010
 
Titre:
 

La rénovation pour la réinsertion des articles 60

Résumé:

La Régie de quartier emploie les travailleurs exclus du chômage. Elle a rénové pour la première fois un logement moyen à Bruxelles.

A quelques encablures de la Bourse, Patrick Lalieux, directeur de l’ASBL la Régie de quartier, passe en revue le travail de ses ouvriers : la remise à neuf d’un appartement de logement moyen de la régie foncière de la ville de Bruxelles, soit des travaux de peinture et de nettoyage.

Au total, quatre personnes ont travaillé durant une bonne semaine sous la tutelle d’un coordinateur. Des personnes de "l’article 60" : issues du CPAS, elles ont perdu leur droit au chômage et cherchent à le recouvrer en travaillant à la Régie de façon temporaire.

Une première, donc : la Régie de quartier offre désormais ses services pour la rénovation de logements moyens à Bruxelles. "Au départ, elle était en grande partie subsidiée." Patrick Lalieux rappelle que la Régie a été créée il y a douze ans dans le cadre des contrats de quartier, lesquels visent à remettre les gens au travail, de préférence dans leur quartier.

Depuis près d’un an et demi, la Régie a enfin obtenu un numéro de TVA de la part de la chambre de la construction. "Ça été difficile car on nous disait : "Vous n’êtes pas dans la construction pure et dure avec des ouvriers." Maintenant, je m’autofinance et ne dépends plus de subsides. L es contrats de quartier occupent la moitié de nos activités au niveau de la main-d’œuvre. Le reste, ce sont des chantiers traditionnels. On est tout à fait en règle pour proposer une TVA à 6 % pour les travaux dans les immeubles destinés aux logements."

Et donc, pour proposer une offre concurrentielle. Pour l’appartement situé rue van Artevelde, la Régie de quartier a ainsi décroché un premier contrat avec la Ville de Bruxelles, après l’appel d’offres de la régie foncière. "Son offre était la plus intéressante", justifie l’échevin des Propriétés communales, Mohamed Ouriaghli (PS).

"A prix concurrentiel, on travaille à une réinsertion professionnelle. Le travail est intéressant. Le personnel est motivé, a envie d’apprendre quelque chose" , souligne Patrick Lalieux. En permanence, le CPAS lui confie la formation de vingt personnes. "Ce sont des volontaires exclus du chômage. A partir du moment où ils me paraissent motivés et qu’ils ont un degré de connaissance du français suffisante, je les engage. On essaie de prendre les plus jeunes. En général, ils ont entre 20 et 30 ans."

Ces ouvriers touchent un peu à tout : parachèvements, travaux de façade et de peinture. "C’est une première expérience professionnelle pour les gens qui n’ont plus été travailler depuis longtemps. Se lever tous les jours à l’heure, travailler en équipe Socialement ils doivent parfois fournir un gros effort, avant l’aspect technique."

Et la Régie de quartier s’apprête déjà à remplir un second contrat avec la régie foncière, pour un autre appartement. "Les ouvriers sont réactifs" apprécie Mohamed Ouriaghli. Par ailleurs, Patrick Lalieux affirme que, si le nombre de contrats venait à se multiplier, il pourrait "augmenter aussi le nombre d’ouvriers en formation".

La Libre du 22 octobre 2010
M.M.

 

 
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Yvan Mayeur
 
 
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