La Ville de Bruxelles est scandalisée par les allégations à son encontre reprise dans le communiqué de presse du Cercle Ben
Gourion.
D’abord, l’établissement dans lequel se sont tenus les propos négationnistes que nous déplorons ne dépend pas de la Ville de
Bruxelles.
Ensuite, le Cercle Ben Gourion n’est pas sans savoir que les établissements scolaires de la Ville de Bruxelles, n’ont de cesse de
développer des activités qui visent le rapprochement des communautés, le respect mutuel, la tolérance et la solidarité. Tout ce qui est fait au sein de nos écoles est empreint de la volonté de construire une société où chacun a sa place, quelle que soit son origine, sa religion, sa philosophie, son niveau socio-économique, ….
En effet, nous estimons qu’il est indispensable de développer l’esprit critique de nos élèves pour éviter que les atrocités du passé
ne se répètent. De nombreux projets sont ainsi menés par nos équipes pédagogiques, et ce, depuis l’enseignement fondamental
jusqu’à l’enseignement supérieur en passant bien entendu par le secondaire. Leur énumération non exhaustive prouve l’intérêt que
nous portons à la question et bien plus encore dans le contexte actuel d’évolution des extrémismes :
1. Visites des camps de Brendonck et d’Auschwitz ;
2. Visite du Musée de la déportation à Malines ;
3. Formation continuée des enseignants : « Mémoire et Citoyenneté », « Echos de la mémoire », avec témoins des camps et la fondation Auschwitz;
4. Prix Primo Levi octroyé à la Ville de Bruxelles en collaboration avec la Fondation Auschwitz en 2006 ;
5. Agoras des Libertés à l’Athénée Léon Lepage dont la plupart ont été consacrées au devoir de mémoire : collaboration avec « Les Territoires de la Mémoire » de Liège , ateliers où juifs et palestiniens expliquent aux élèves la problématique du Moyen-Orient mais aussi les conséquences de la shoah, conférence-débat avec des spécialistes de la question tels messieurs Gotovitch et Sterkendries, des rescapés des camps…
6. Création d’un musée de la mémoire à l’Institut des Arts et Métiers suite à la Visite du camp d’Auschwitz ;
7. Intervention dans les écoles dans le cadre du cours de morale de rescapés des camps expliquant leur parcours et leur vécu ;
8. Exploitation du livret « Simon, le petit évadé – L’enfant du 20ème convoi » de Simon Gronowski ;
9. Exploitation du livre « La patrouille des enfants cachés au Château de Jamioulx » ;
10. Large diffusion de la brochure « Tu seras encore là ? » de Jean-marie De Becker et Janosch Nieden éditée par le Centre d’Etudes et de Documentation de la Fondation Auschwitz ;
11. Diffusion et exploitation de la brochure « Auschwitz et le Troisième Reich » ;
12. Etude et exploitation sur Internet de la problématique et des dangers de l’extrême –droite ;
13. ….
Nous appelons tous les défenseurs de la démocratie à poursuivre un travail qui vise à rassembler plutôt qu’à stigmatiser, qui vise
la cohésion sociale et le vivre ensemble en harmonie dans le respect des particularités de chacun.
Nous demandons dès lors au cercle Ben Gourion de rectifier son communiqué de presse et d’y retirer les propos diffamants à
l’encontre de la Ville de Bruxelles.
Enfin, nous nous associons au cercle Ben Gourion et à tous ceux qui ont élevé la voix pour condamner les propos négationnistes
qui ont été tenus par un individu.
Faouzia HARICHE,
Echevine de l’Instruction publique
et de la Jeunesse.
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Communiqué du Cercle Ben Gourion
Le 13 mars dernier dans une école de la ville de Bruxelles, Henry Kichka, déporté d’Auschwitz, témoignait de l'enfer concentrationnaire qu'il avait connu pendant la guerre. A cette occasion, un professeur de religion islamique prit la parole pour lui porter la contradiction, mettant en avant les thèses négationnistes de Garaudy. Le Cercle Ben Gourion partage l'émotion et l'écœurement que ces déclarations ont soulevés dans la communauté juive et dans la communauté nationale toute entière. Par delà la nécessaire dénonciation à cet acte, d'autant plus inadmissible qu'il est le fait d'un fonctionnaire de l'enseignement, le Cercle Ben Gourion rappelle que chaque jour, la situation des enfants juifs scolarisés dans les écoles de la ville de Bruxelles y est rendue plus difficile. C'est également le cas pour les enseignants juifs qui y travaillent. L'augmentation des actes et injures antisémites est dramatique et empoisonne la vie quoti! dienne de ces personnes, sans susciter davantage de réactions dans la majorité des cas. Le Cercle Ben Gourion salue la réponse unanime et la réprobation sans faille qui se sont fait jour dans la classe politique à l'annonce de l'incident.
Gageons qu'à cette occasion, nos responsables politiques amorceront une réflexion sur les risques d'un positionnement communautariste schizophrène. En effet, on ne peut tout à la fois condamner verbalement l'importation des conflits moyen-orientaux en Belgique, et dans les faits, contribuer à attiser les antagonismes communautaires dans notre pays.
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