C'est effectivement bien Yvan Mayeur (PS), directeur du CPAS de Bruxelles, et plusieurs de ses collaborateurs au conseil du CPAS, qui sont directement visés par la plainte déposée par la Ligue des droits de l'Homme devant l'auditeur du travail. En cause, le refus, en pleine crise de l'accueil - soit de l'été 2009 à la fin 2010 - par le CPAS de Bruxelles d'accueillir les demandeurs d'asile que Fedasil - complètement saturé - ne pouvait pas accueillir.
A l'époque, Yvan Mayeur avait pris cette décision pour que le Fédéral assume ses responsabilités et déploie les structures d'accueil indispensables. Et tout simplement parce que le CPAS de Bruxelles ne pouvait pas recueillir tous les demandeurs d'asile du pays. En effet, l'adresse administrative de ces derniers - soit environ 7700 personnes - était à l'époque située à Bruxelles ville.
Pour Benoît Van der Meerschen, président de la Ligue des Droits de l'Homme, il s'agit, au delà du CPAS bruxellois, de mettre en cause tous les acteurs de la chaîne. "Nous savons bien que les CPAS se retrouvent en bout de chaîne, et qu'ils sont d'une certaine manière victimes des carences du système", explique-t-il. Et celui-ci de relever qu'une plainte contre Fedasil devrait être déposée la semaine prochaine.
"Mensonge!", s'exclame Yvan Mayeur, "la Ligue se fourvoie!". "Ce n'est pas en m'attaquant qu'elle touchera le fédéral, explique-t-il, ni d'ailleurs en attaquant Fedasil, qui est un bon outil auquel on ne donne pas assez de moyens". Et le président du CPAS de Bruxelles de souligner que, si la Ligue avait voulu attaquer le Fédéral, elle aurait dû se joindre à la plainte déposée à son initiative contre six ministres concernés par l'accueil des demandeurs d'asiles.
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vendredi 8 juillet 2011
Arnaud Gregoire |