La communauté italienne est non seulement une des principales communautés étrangères de Bruxelles mais certainement une des plus anciennes communautés implantées sur le territoire. Depuis plus de 60 années, la population italienne, à travers ses générations successives d’hommes et de femmes, a façonné la vie économique, socioculturelle, associative et politique du pays et de Bruxelles. Pensons à Elio Di Rupo naturellement mais également à toutes ces figures moins médiatiques mais tout aussi emblématiques, ayant contribué à dessiner ce que la Belgique et Bruxelles sont aujourd’hui. Je m’en réjouis. Je suis très attaché aux liens d’amitié qui unissent la Belgique - et singulièrement Bruxelles - aux italiens. Naturellement, le paysage de la communauté italienne de Bruxelles s’est profondément modifié au cours de ces décennies, tandis que la ville subissait, elle aussi, de profondes transformations urbaines, sociales, économiques. Songeons à l’internationalisation de Bruxelles – à travers la présence des institutions européennes- qui a modifié le tissu bruxellois et favorisé l’émergence d’une double voire d’une triple citoyenneté : citoyenneté d’origine, citoyenneté européenne et citoyenneté bruxelloise. Cette troisième citoyenneté est celle du niveau le plus proche, celle du lieu où l’on vit et travaille. J’estime qu’il est bon que tout un chacun se sente concerné par la gestion de la chose publique.
Bruxelles est un exemple de coexistence entre cultures et communautés très différentes. Quels sont les défis qui restent à affronter? Comment concilier l'objectif d'inclusion sociale et celui du dialogue entre les cultures?
La Ville de Bruxelles accueille pas moins de 157 nationalités, ce qui lui confère son coté éminemment cosmopolite, international et multiculturel. Je ne pense pas que cette diversité - qui fait la richesse de Bruxelles - soit due au hasard. Elle montre en effet qu’une politique qui prend en compte tant les questions de proximité que les enjeux de développement global est une politique efficace. En dix ans, la Ville de Bruxelles a d’ailleurs connu un essor démographique considérable (de l’ordre de 15%), ce qui confirme que Bruxelles est une ville attractive génératrice de bien être.
Parmi les défis auxquels Bruxelles sera confrontée dans les années à venir, l’essor démographique sera plus que jamais un enjeu majeur. Il faudra poursuivre la création de logements, d’infrastructures et d’équipements collectifs, de services publics de qualité permettant de satisfaire une population grandissante. Il faudra également travailler sur la mobilité, la propreté, la prévention. Ces projets d’envergure sont déjà sur les rails aujourd’hui pour rendre la Ville toujours plus solidaire et plus conviviale.
Je veillerai notamment à ce que la Ville continue d’œuvrer au développement d’une cohabitation harmonieuse entre toutes les communautés présentes sur le territoire. Par des politiques volontaristes en matière de cohésion et de mixité sociale ainsi que par la promotion du dialogue interculturel. A cet égard, je mentionnerais l’existence d’un organe inédit en matière de participation : le Conseil des Bruxellois d’origine étrangère (CBOE), qui assure la représentation des différentes communautés bruxelloises d’origine étrangère et se veut être une plate-forme vivante du dialogue interculturel.
La crise économique et financière a eu un impact très fort sur la vie quotidienne des Bruxellois. Quels changements avez-vous pu observer et quelles réponses la Commune apporte-t-elle pour renforcer la cohésion sociale de la ville?
La crise économique et financière n’a pas épargné Bruxelles et sa population. La crise a eu des effets négatifs sur l’emploi, notamment des jeunes. L’on a également constaté une plus grande précarisation au sein des populations déjà socialement fragilisées. L’on peut donc dire que la crise financière s’est doublée d’une crise sociale. A la différence d’autres communes, nous n’avons pas voulu diminuer les services aux citoyens ou arrêter d’investir. Je pense au contraire que le rôle du pouvoir politique est, en période de crise, d’investir dans le bien être et de soutenir l’économie. Nous avons donc fortement investi dans les domaines les plus concrets pour les citoyens : création de nouveaux logements, constructions de crèches et d’écoles, développement d’une politique de mixité sociale, notamment dans le cadre des programmes de revitalisation urbaine (contrats de quartier). Et il n’est pas inutile de préciser que tout ceci a été fait avec un budget à l’équilibre, sans augmentation d’impôts ni licenciement de personnel…
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